Fabien Bocher

Fabien Bocher
Producteur de pommes de terre
Saint-Connec (22)

Fabien Bocher, la passion du végétal en Centre-Bretagne

Installé à Saint-Connec, dans les Côtes-d’Armor (22), Fabien Bocher incarne une agriculture bretonne moderne et diversifiée. À la tête d’une ferme de 72 hectares, ce producteur consacre entre 5 et 7 hectares à la culture de la pomme de terre, un atelier clé de son activité.

Entre transformation industrielle et circuit court

La production de pommes de terre de Fabien se divise en deux débouchés complémentaires :

  • La pomme de terre d’industrie : destinée à être transformée au cours de l’année par des entreprises agroalimentaires (notamment pour la fabrication de frites ou de chips).
  • La vente directe : vendue sans intermédiaire pour approvisionner directement les consommateurs locaux.

Une rotation variée pour nourrir le sol et le territoire

Pour maintenir la fertilité de ses terres, Fabien pratique la rotation des cultures. En complément des pommes de terre, sa ferme abrite une grande variété de végétaux :

  • Céréales et oléagineux : du blé, de l’orge de printemps, de l’avoine d’hiver et du colza (une plante cultivée pour ses graines riches en huile).
  • Légumineuses : la féverole, une culture qui capte naturellement l’azote de l’air pour fertiliser le sol.
  • Maïs et lin semence : cultivé pour l’entreprise Bretagne Lin, ce lin est destiné à la filière textile pour confectionner des vêtements.

Réduction d’intrants et calendrier de culture : les clés d’une pomme de terre de qualité en Bretagne

La culture de la pomme de terre exige un calendrier rigoureux et une attention quotidienne pour garantir une qualité optimale tout en respectant l’environnement. Retour sur la conduite technique observée au cœur de la ferme bretonne.

Une démarche écoresponsable : réduire les traitements

Pour protéger ses parcelles, le producteur s’engage dans une démarche de réduction des produits phytosanitaires (les traitements de protection des plantes). Cet engagement s’appuie notamment sur la démarche « Merci les algues », qui valorise des solutions naturelles d’origine marine pour stimuler les défenses des cultures.

Le calendrier de production, d’avril à septembre

  • La plantation (Avril) : les tubercules sont mis en terre début avril. Les variétés, comme la Saint-Calais, sont sélectionnées selon leur capacité de conservation pour approvisionner les marchés au fil des saisons.
  • La protection contre le mildiou (Mai à Août) : pendant toute la pousse, une surveillance stricte permet de contrer le mildiou, une maladie provoquée par un champignon microscopique très actif par temps chaud et humide.
  • Le défanage (Mi-août) : cette opération consiste à détruire la fane (la partie verte au-dessus du sol). Elle permet de stopper la croissance du tubercule, de fixer sa peau pour la protéger des chocs et d’éviter la transmission de maladies avant la récolte.

Qualité transformateur et stockage

Avant l’arrachage prévu courant septembre, le taux de matière sèche des tubercules est mesuré. Ce critère évalue la teneur en amidon par rapport à l’eau : il est déterminant pour respecter le cahier des charges de la transformation industrielle et garantir des frites croustillantes après cuisson.

Aussitôt récoltées, les pommes de terre sont conditionnées en palox (de grands bacs d’entreposage en bois) puis conservées dans des bâtiments réfrigérés pour maintenir leur fraîcheur tout au long de l’année.

La démarche « Merci les algues ! » : stimuler la santé des pommes de terre au naturel

Face aux enjeux environnementaux, l’agriculture bretonne innove pour réduire son empreinte tout en préservant la santé des cultures. Sur la ferme, la production de pommes de terre s’appuie désormais sur la démarche « Merci les algues ! », un itinéraire technique axé sur la baisse des produits phytosanitaires.

Réduire les produits de synthèse de 25 % à 50 %

L’objectif de cette méthode est de diminuer significativement l’usage des produits phytosanitaires (les traitements de protection contre les maladies et ravageurs). Pour compenser cette baisse sans fragiliser la récolte, la ferme apporte des produits à base d’algues rouges récoltées et séchées sur les côtes de Bretagne et de Vendée, naturellement riches en oligoéléments (des minéraux nécessaires au bon développement végétal).

Ces apports se font sous deux formes :

  • En pulvérisation liquide : appliquée dès le démarrage de la végétation, l’algue agit comme un fortifiant. Elle stimule les défenses immunitaires de la plante, la rendant plus résiliente face aux agressions extérieures.
  • En application solide dans le sol : elle favorise le développement du chevelu racinaire, c’est-à-dire la masse de racines très fines. Un réseau racinaire dense permet à la plante de mieux explorer le sol et d’absorber l’eau plus efficacement, notamment en période de sécheresse.

Une approche globale de la santé du sol

L’utilisation de l’algue s’inscrit dans un ensemble de pratiques agroécologiques. La ferme associe ce traitement naturel à une sélection de variétés de pommes de terre naturellement plus rustiques, ainsi qu’à une rotation des cultures allongée. En alternant régulièrement les espèces cultivées sur une même parcelle, le sol préserve son équilibre biologique et la pression des maladies diminue naturellement.