Johann Basset
La passion de l’élevage en terre costarmoricaine
À Penguilly, dans les Côtes-d’Armor, Johann Basset incarne le nouveau visage de l’agriculture bretonne. Installé depuis 5 ans, ce trentenaire n’était pourtant pas prédestiné à ce métier. Initialement formé en tant que paysagiste, c’est par le salariat agricole qu’il découvre sa véritable vocation : l’élevage de porcs.
Johann gère aujourd’hui un système dit « naisseur-engraisseur ». Ce terme technique signifie que l’intégralité du cycle de vie du cochon se déroule sur la ferme : de la naissance en maternité (où les truies mettent bas), au sevrage (moment où les porcelets quittent leur mère), jusqu’à la phase d’engraissement.
Pour Johann, l’attrait principal du métier réside dans sa diversité incroyable. Un agriculteur moderne est un véritable « couteau suisse » :
- Vétérinaire : pour assurer le suivi sanitaire et le bien-être de ses 350 truies.
- Technicien : pour l’entretien des systèmes électriques et mécaniques du bâtiment.
- Conducteur : pour la gestion des 70 hectares de cultures (maïs et céréales) destinés en partie à l’alimentation des animaux.
Ce reportage souligne également l’importance de la transmission « hors cadre familial » (HCF). Johann a repris la ferme de ses voisins partis à la retraite, prouvant que le renouvellement des générations en Bretagne passe aussi par des profils passionnés venus d’horizons différents. Aujourd’hui, la ferme fait vivre deux personnes à plein temps et un salarié à mi-temps, participant activement à l’économie locale de la commune.
Le sevrage sur place : Quand le confort des porcelets devient une priorité technique
Dans ce deuxième volet consacré à la ferme de Johann Basset à Penguilly, nous découvrons un choix technique fort : le sevrage sur place. Si dans la majorité des élevages, les porcelets sont transférés vers un bâtiment de « post-sevrage » après avoir quitté leur mère, Johann a opté pour un système où l’animal reste dans son environnement de naissance.
Le concept technique : la case réversible Le bâtiment a été conçu pour que les cases de maternité se transforment instantanément. Une fois que la truie a terminé sa période d’allaitement (environ 28 jours), elle est déplacée vers la verraterie (zone de l’élevage dédiée au suivi de la reproduction). C’est à ce moment que l’éleveur intervient pour adapter l’espace :
- Levée du capot (zone chauffée pour les nouveau-nés).
- Ouverture des bas-flancs (les barrières métalliques qui encadrent la truie pour protéger les petits lors de ses mouvements).
Les bénéfices du maintien en fratrie L’intérêt majeur de cette méthode est la réduction drastique du stress social et environnemental. Les porcelets restent entre frères et sœurs dans une case dont ils connaissent déjà les points d’eau et d’alimentation. Ils y séjournent jusqu’à l’âge de 65 jours avant de rejoindre l’engraissement (la période de croissance qui dure environ 100 jours).
En limitant les manipulations et les mélanges d’animaux, Johann assure une meilleure immunité à son troupeau et un quotidien plus serein, tant pour l’éleveur que pour ses bêtes. Une preuve supplémentaire que technicité et bien-être animal vont de pair dans l’agriculture bretonne moderne.
La technologie au service de la sérénité : Le concept « Zéro Stress » de Johann
Dans ce dernier volet, Johann nous explique la finalité de son investissement : le confort absolu de l’animal pour une performance durable. Le passage du sevrage à l’engraissement est souvent une étape critique en élevage. Chez Johann, cette transition est invisible pour le porcelet.
L’importance des repères sensoriels Le fait de ne pas déplacer les animaux évite la phase de « recherche » qui dure habituellement 3 à 4 jours. Durant cette période, un porcelet stressé par un nouvel environnement cherche ses points d’eau et de nourriture, ce qui peut freiner sa croissance. Ici, les animaux utilisent la même auge (le distributeur de nourriture) que leur mère.
Un pilotage de précision La modernité de la ferme se niche dans les détails techniques :
- Alimentation automatisée : Johann modifie simplement la formule d’aliment (la composition nutritionnelle) sur son ordinateur. La chaîne de distribution s’adapte automatiquement sans intervention manuelle lourde.
- Gestion thermique : Sans la chaleur corporelle de la truie, Johann relève les capots (les couvercles des zones de repos) pour diffuser une chaleur homogène dans toute la salle grâce aux plaques chauffantes au sol.