Valentin Breton
Valentin Breton, l’amour du maraîchage 100% bio et de plein champ
C’est au cœur du Finistère, sur la commune de Plouvorn, que Valentin Breton et son frère Tanguy ont choisi de s’installer en 2021 et 2022. Ensemble, ils dirigent l’EARL Breton, une ferme légumière qui se distingue par un engagement fort : une production 100 % de plein champ et 100 % certifiée en agriculture biologique.
Une incroyable diversité locale
Loin de la monoculture, la famille Breton mise sur la diversité pour s’adapter aux saisons et aux exigences du sol breton. Pommes de terre, choux-fleurs, artichauts, échalotes, oignons, mais aussi céleri-rave, fenouil, rhubarbe, chou chinois, brocolis et légumes anciens pour l’hiver… Valentin et Tanguy ont même réussi le pari d’implanter de la patate douce sur leurs terres finistériennes.
L’humain au cœur de la production
Qui dit agriculture biologique de plein champ (en extérieur et sans abris vitrés), dit besoin important de main-d’œuvre. Sans l’aide d’herbicides chimiques, les tâches manuelles se multiplient. Qu’il s’agisse de la plantation sur paillage plastique ou du sarclage – cette action indispensable qui consiste à éliminer les mauvaises herbes autour des cultures –, les bras sont essentiels. La ferme emploie ainsi un salarié à temps plein et quatre saisonniers à l’année, renforcés par des équipes supplémentaires lors des pics de récolte et de plantation, représentant entre 8 et 9 équivalents temps plein à l’année.
Le choix du naturel : Le biocontrôle
Pour protéger l’ensemble de ces cultures, Valentin rejette totalement l’usage des produits phytosanitaires de synthèse. La santé de ses plantes repose exclusivement sur des solutions de biocontrôle. Ces méthodes, qui utilisent des mécanismes naturels (comme des micro-organismes, des insectes auxiliaires ou des substances naturelles), permettent de réguler les bioagresseurs tout en respectant scrupuleusement le cahier des charges de l’agriculture biologique.
La rhubarbe bio : Une culture de patience et de précision à la ferme de Valentin
La rhubarbe est une plante vivace qui présente une particularité de taille : une fois plantée, elle peut rester en place dans la même parcelle jusqu’à 7 ans. Installés à la fin du mois de mars, les jeunes plants vont ainsi s’épanouir durant de longues années, offrant une à deux récoltes par an après une première coupe légère espérée dès la fin de cette année. Pour rappel, lors de la récolte, seules les tiges (les pétioles) sont conservées pour la consommation, les grandes feuilles vertes étant retirées.
La « plantation au carré » : L’arme secrète du désherbage mécanique
Produire de la rhubarbe en agriculture biologique et en plein champ pendant 7 ans impose de solides compétences techniques pour gérer les herbes indésirables sans aucune chimie de synthèse. Pour maintenir une parcelle propre, Valentin a opté pour une méthode géométrique : la plantation au carré.
Qu’est-ce que la plantation au carré ? C’est une technique qui consiste à aligner parfaitement les plants selon un quadrillage précis. Les rangs sont impeccables dans le sens de la longueur, mais aussi dans le sens de la largeur.
Cette disposition permet à Valentin de croiser les passages de son tracteur : il peut ainsi biner et nettoyer le sol dans un sens, puis dans l’autre.
Le relais de la nature
Si le tracteur fait le plus gros du travail de nettoyage, les finitions restent humaines. Un passage manuel est indispensable pour désherber au plus près de la plante, là où les outils mécaniques du tracteur ne peuvent pas aller sans abîmer les racines.
Heureusement, ce travail ne dure qu’un temps. Dès cet été, la rhubarbe va se développer massivement. Ses larges feuilles vont finir par couvrir le sol. En créant une véritable barrière naturelle contre la lumière du soleil, la rhubarbe empêchera la pousse des mauvaises herbes.
Céleri-rave et chou chinois : Dans les coulisses de la planification et de la protection chez Valentin
Dans ce nouvel épisode d’Agribretagne, Valentin Breton nous ouvre les portes de ses parcelles de légumes d’automne et d’hiver. Entre astuces naturelles contre les parasites et logistique de récolte bien rodée, la vie à la ferme demande une rigueur scientifique et une grande capacité d’anticipation.
Le céleri-rave : Une course de fond protégée des nuisibles
Sur la ferme, le céleri-rave occupe une place de choix avec pas moins de 4 hectares cultivés. Pour pouvoir proposer ce légume sur les étals de la fin août jusqu’au mois de mars suivant, Valentin utilise la technique des plantations échelonnées : les séries sont plantées en plein champ toutes les deux semaines, d’avril à juillet.
La grande difficulté du céleri-rave réside dans sa vulnérabilité face à la « mouche du céleri ». Ce parasite vient pondre au pied de la plante, et ses larves creusent des galeries qui rendent la boule de céleri invendable. Pour contrer ce phénomène, Valentin utilise une solution purement mécanique :
Le voile microclimat : Un filet de protection doté d’un maillage extrêmement fin. Posé directement au-dessus de la culture, il crée une barrière physique infranchissable pour les insectes tout en laissant passer l’eau et la lumière.
Le chou chinois Pé-tsaï : Le sens du toucher et de la récolte manuelle
Autre culture phare de la saison : le chou chinois Pé-tsaï. Planté manuellement sur un film plastique biodégradable (à raison de trois rangs par bande de terre), sa récolte demande un vrai savoir-faire humain.
Ici, pas de machine automatique pour couper les choux. Valentin vérifie la maturité de chaque plante à la main en palpant la pomme (le cœur compact du chou). Si elle est bien dense et dure, le chou est coupé. Pour faciliter le travail de l’équipe et préserver la santé des salariés, un tapis de récolte (un convoyeur motorisé) avance au rythme des maraîchers pour transporter les choux directement vers la remorque. Ils y sont immédiatement conditionnés sous un film plastique protecteur afin de bloquer l’évaporation et de garantir une fraîcheur maximale jusqu’au consommateur.
Une organisation qui se joue 6 mois à l’avance
Le succès d’une telle saison ne s’improvise pas. Le planning de production de la ferme est figé près de 6 mois avant la commande des jeunes végétaux. Le rythme hebdomadaire est ensuite immuable : chaque lundi, Valentin ou son frère vont chercher les jeunes plants en motte (les jeunes pousses prêtes à être plantées), le mardi l’équipe réceptionne le reste, et l’ensemble est mis en terre au cours de la semaine.